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Conseil botanique

Monstera : faut-il couper les racines aériennes ?

12 juin 2026 · 6 min de lecture

Monstera deliciosa aux grandes feuilles et aux racines aériennes
Les racines aériennes participent à l’équilibre naturel du monstera.

Avec ses feuilles découpées et sa silhouette généreuse, le monstera apporte une présence presque architecturale à la maison. Mais lorsqu’il produit de longues racines brunes qui s’échappent de la tige, une question revient souvent : faut-il les couper ? La réponse est simple dans la plupart des cas : non, ces racines sont normales, utiles et parfaitement saines.

Avant de sortir le sécateur, il est donc préférable de comprendre leur rôle. Comme toujours avec une plante d’intérieur, un geste mesuré vaut mieux qu’une intervention systématique.

À quoi servent les racines aériennes du monstera ?

Dans son milieu naturel, le monstera pousse dans les forêts tropicales humides. Il grimpe progressivement le long des troncs à la recherche de lumière, en s’appuyant sur ses racines aériennes. Celles-ci apparaissent sur la tige, souvent au niveau des nœuds, sous la forme de petites excroissances qui s’allongent avec le temps.

Elles ont plusieurs fonctions :

En appartement, elles ne sont pas indispensables à la survie de la plante, mais elles restent un élément de son fonctionnement naturel. Leur aspect brun et légèrement rugueux ne signifie pas nécessairement qu’elles sont mortes : c’est souvent leur texture normale.

Quand peut-on les couper ?

Une racine aérienne peut être conservée même lorsqu’elle semble longue ou un peu désordonnée. On peut toutefois envisager de la tailler dans quelques situations précises, notamment lorsqu’elle devient gênante ou qu’elle présente un véritable signe de dégradation.

Les cas où une coupe est justifiée

Dans ces cas, la coupe est surtout esthétique ou pratique. Elle ne doit pas devenir un réflexe pour obtenir une plante parfaitement lisse : les racines aériennes font partie de la personnalité du monstera, au même titre que ses feuilles perforées.

À retenir : une racine aérienne brune, ferme et souple est généralement saine. Une racine noire, molle ou malodorante mérite davantage d’attention, car ces signes peuvent révéler un problème d’humidité ou de pourriture.

Comment les tailler sans fragiliser la plante ?

Si une coupe s’impose, choisissez une journée où la plante est en bonne forme. Utilisez un sécateur propre et bien aiguisé, désinfecté avec de l’alcool à 70° ou soigneusement nettoyé. Coupez nettement la partie concernée, sans entailler la tige principale et sans multiplier les petites blessures.

Il n’est pas nécessaire d’appliquer de produit cicatrisant. Laissez simplement la plaie sécher à l’air libre et évitez de brumiser directement la zone dans les heures qui suivent. Une seule coupe propre est préférable à une série de retouches qui pourrait abîmer le tissu végétal.

Ne coupez jamais une racine aérienne uniquement parce qu’elle est longue. Si elle est saine, vous pouvez la laisser retomber avec naturel ou la diriger doucement vers le terreau. Ne l’enfoncez pas profondément : elle risque de pourrir si le substrat reste humide. Une autre option consiste à la fixer délicatement contre un tuteur afin d’encourager le monstera à grimper.

Le bon geste : guider plutôt que supprimer

Dans un intérieur inspiré par les matières brutes et les lignes simples, une racine aérienne peut être intégrée avec beaucoup de douceur. Un tuteur discret en bois, en liège ou en fibre naturelle permet de structurer la plante sans la contraindre. Attachez la tige avec un lien souple, en laissant toujours un peu de jeu pour accompagner sa croissance.

Vous pouvez aussi placer le monstera dans un pot suffisamment stable, posé sur une table basse ou une console. Ses racines retombantes créeront alors une silhouette plus libre, presque sculpturale. Pour découvrir d’autres façons d’intégrer le végétal dans un intérieur apaisant, retrouvez nos inspirations sur la page d’accueil de l’Atelier Verveine.

Cette observation patiente rappelle que la nature ne suit pas toujours des lignes parfaitement ordonnées. Pour prolonger cette attention aux paysages vivants, les carnets de terrain de decouvrir-verdon.fr offrent aussi un regard sensible sur les reliefs, les plantes et les équilibres fragiles des territoires naturels. À la maison comme lors d’une promenade, prendre le temps de regarder permet souvent de mieux comprendre avant d’agir.

Favoriser une croissance harmonieuse

Des racines aériennes très développées peuvent accompagner une plante qui manque de support, de lumière ou d’humidité ambiante. Installez le monstera près d’une fenêtre lumineuse, sans soleil direct brûlant aux heures les plus chaudes. Arrosez lorsque les premiers centimètres du terreau sont secs, puis laissez l’excédent d’eau s’écouler complètement.

Un nettoyage régulier des feuilles avec un chiffon doux aide également la plante à profiter pleinement de la lumière. La brumisation n’est pas obligatoire et ne remplace pas une bonne circulation de l’air ; si votre intérieur est très sec, un humidificateur ou le regroupement de plusieurs plantes sera souvent plus efficace.

Enfin, un rempotage tous les deux ou trois ans, au printemps, permet de renouveler le substrat et de vérifier l’état des racines souterraines. C’est à ce moment-là que l’on peut retirer les parties réellement molles ou abîmées, avec la même délicatesse que pour les racines aériennes.

En résumé

Les racines aériennes du monstera ne sont pas un défaut : elles expriment son caractère grimpant et sa vitalité. Gardez-les lorsqu’elles sont fermes et saines, guidez-les vers un tuteur si besoin, et ne les coupez que lorsqu’elles sont mortes, cassées ou réellement gênantes. Un monstera heureux n’est pas forcément parfaitement discipliné ; il trouve son équilibre dans une croissance accompagnée, plutôt que forcée.